Vœu pour maintenir la résidence et l’exposition de Maria Loura Estevão au Safran présenté par Didier Cardon pour le Groupe Communautaire de Gauche d’Amiens Métropole – Conseil d’Amiens Métropole, jeudi 2 juillet 2015

 

La vacation de madame Maria Loura Estevão au Safran, en tant que professeur d’arts plastiques, s’est interrompue le 17 juin 2015 alors même que sa résidence d’artiste devait commencer en juillet.

L’exposition de ses travaux de recherche est pourtant annoncée dans le programme de la saison 2015 – 2016 du Safran et un avis favorable semblait avoir été donné par la DRAC, de même qu’une subvention allouée de 9600 euros au titre des crédits DRAC de politique de la ville pour accompagner cette résidence.

Au-delà d’une vacation qui s’arrête, nous nous étonnons de la méthode qui aurait été employée pour mettre fin à cette collaboration et de l’absence apparente de motivations de cette décision.

Le syndicat métropole SUD et certains élèves de madame Maria Loura Estevão nous rapportent qu’elle aurait été informée de l’annulation de sa résidence et aussitôt raccompagnée à la gare. Il lui aurait été précisé à cette occasion que ses affaires lui seraient renvoyées ultérieurement. Le travail engagé avec ses élèves aurait ainsi pris fin, de même, sans plus d’explications.

Le Courrier Picard du 30 juin rapporte quant à lui des motifs invoqué par le directeur du Safran qui ne semblent pas pouvoir justifier de l’attitude de la structure vis-à-vis de l’artiste, parlant notamment d’un projet « loin d’être abouti » alors même qu’un travail de préparation de cette résidence, qui nous le rappelons, devait commencer en juillet, aurait été engagé avec les élèves et les partenaires associatifs de ce projet participatif.

Le contenu du projet de résidence en lui-même a-t-il été remis en cause, à savoir « une recherche anthropologique et plastique […] dans une volonté politique, économique et solidaire de rendre possible l’accès à la nourriture pour tous » au travers de la création d’une imprimante 3D qui puisse « multiplier du pain et de la soupe » ?

Comment un projet validé par les programmateurs, les communicants du Safran, soutenu visiblement par la DRAC, peut-il être soudainement supprimé ; comment un travail engagé, auprès d’élèves d’une structure subventionnée au titre des crédits culture et politique de la ville, peut-il être brusquement interrompu, tandis que l’on prône par ailleurs, à juste titre, l’importance d’offrir aux habitant-e-s des propositions et des lieux permettant de s’investir dans des actions citoyennes, de construire le vivre ensemble, de faire sens ?

Une élève nous précise son « écœurement » face à cette situation, et qu’elle se sent désormais « incapable de retourner au Safran »

L’évènement étant annoncé et des crédits lui ayant été alloués, les élu-e-s socialistes invitent l’ensemble des élu-e-s métropolitains à voter ce vœu pour maintenir la résidence et l’exposition de Maria Loura Estevão, et pour demander au Safran de reconsidérer sa position  en tenant compte du préjudice subi par l’artiste au titre d’une annulation tardive. A minima, les élu-e-s  demandent au Safran un complément d’informations en direction des élèves, investis auprès de cette artiste, et satisfaits de son travail.